
Le mis en cause, un jeune homme de 20 ans, répondait hier devant le tribunalcorrectionnel de Versailles de faits de vol avec violence ayant entraîné uneincapacité totale de travail (ITT) supérieure à huit jours.
Les secours ont découvert la victime, le visage tuméfié, les dents casséeset en état de choc, avant son transfert à l'hôpital de Poissy. Les médecins ontconstaté des séquelles physiques importantes, qualificatives son visage de «défiguré » et lui accordant une ITT physique de 31 jours, ainsi qu'une ITTpsychologique de 31 jours, sous réserve de complications.
Une alerte lancée depuis un Airbnb
Tout commence vers 15 heures, au 35, rue de la Senette, dans une résidenceoù certains appartements sont proposés à la location de courte durée. Leresponsable du syndic reçoit une alerte par SMS en provenance d'un logementloué sur une plateforme de type Airbnb, l'informant d'un incident inhabituel àl'intérieur du bien.
Alertée, la police se rend sur place et les pompiers constatentimmédiatement des traces de sang devant la porte de l'appartement. Après avoirréussi à se faire ouvrir, ils découvrent la jeune femme grièvement blessée, levisage couvert d'hématomes et présentant des fractures dentaires. Elle estaussitôt prise en charge et évacuée vers l'hôpital de Poissy pour y recevoirdes soins d'urgence.
Un suspect de 20 ans, des aveux et des preuves accablantes
L'enquête a rapidement permis de remonter jusqu'à un jeune homme de 20ans, soupçonné d'avoir violemment frappé la victime pour la voler. Selon leséléments recueillis par les enquêteurs, tout l'accuse : récupérations, indicesmatériels et auditions convergents vers la même personne.
Face aux preuves, le suspect est passé aux aveux, reconnaissant sonimplication dans l'agression, même si le butin apparaît particulièrement maigreau regard de la violence des coups portés. Il doit être jugé pour vol avecviolence ayant entraîné une ITT supérieure à huit jours, une qualification quireflète la gravité des blessures subies par la victime.
Des séquelles physiques et psychologiques durables
Les urgences médico-légales ont évalué les conséquences de l'agression surla santé de la victime, constatant un traumatisme majeur. Outre les dentscassées et le visage tuméfié, les médecins ont constaté des lésionssusceptibles de laisser des traces durables et d'affecter profondément l'imagede soi de la jeune femme.
L'ITT physique de 31 jours reflète la nécessité d'un temps de repos et desoins prolongés, tandis que l'ITT psychologique du même ordre souligne l'impactmental de cette agression, sur fond de grande vulnérabilité liée à l'exercicede la prostitution. Les spécialistes estiment que ce type de violence peutentraîner des troubles anxieux, un état de stress post-traumatique et une peurdurable de reprendre l'activité professionnelle.
Les enjeux de sécurité des travailleuses du sexe
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large où les travailleuses du sexe, notamment étrangères, sont exposées à une forte insécurité en Île-de-France. Les agressions, vols, viols et extorsions visant des prostituées sont régulièrement dénoncés par les associations de terrain, qui pointent la précarité et l'isolement de ces femmes, souvent logées dans des appartements loués à la nuit ou à la semaine.
Dans les Yvelines et plus largement en région parisienne, les autorités judiciaires et les forces de l'ordre affirment renforcer la lutte contre lesviolences et les réseaux exploitant les personnes prostituées. Cette affaire,jugée à Versailles, doit permettre de rappeler que les agressions contre les travailleuses du sexe sont des crimes ou des délits pleinement poursuivis, et non des faits tolérés ou minimisés.