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C'est une page qui se tourne à la communauté d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines. Lors de la séance d'installation du nouveau conseil communautaire, Lorrain Merckaert, maire de Montigny-le-Bretonneux, a été élu président de l'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines (SQY), succédant àJean-Michel Fourgous, qui avait dirigé le territoire depuis 2017. Une élection saluée par l'ensemble des conseillers communautaires lors de cette première séance de la nouvelle mandature.
La séance a été présidée par le doyen du conseil, Bernard Ansart, assisté des scrutateurs Maxime Duchêne et Pierre Basdevant. Lorrain Merckaert, fort de sa réélection à Montigny-le-Bretonneux dès le premier tour avec 72,53% des voix en mars 2026, s'imposait comme le candidat naturel à la présidence de cette intercommunalité qui regroupe désormais 12 communes et compte parmi les agglomérations les plus dynamiques d'Île-de-France.
Dès son élection acquise, Lorrain Merckaert a exprimé sa gratitude à l'ensemble du conseil, remerciant « notre doyen, Bernard Ansart,d'avoir présidé cette séance du conseil d'installation, ainsi que les scrutateurs Maxime Duchêne et Pierre Basdevant pour le bon déroulement de l'élection, sans oublier l'ensemble des personnels mobilisés pour l'organisation de ce conseil. »
S'adressant aux maires des 12 communes réunis autour de lui, le nouveau président a tenu à souligner la qualité du collectif : « Je me sens d'autant plus chanceux, que j'ai devant moi des Maires particulièrement motivés, investis et animés par le sens de l'intérêt général. » Une déclaration qui sonne comme une méthode de gouvernance : le président de SQY ne sera pas, selon ses propres mots, « un supra-maire » ; les maires resteront sa « boussole» et feront « le contrat ».
Avant de dévoiler ses priorités, Lorrain Merckaert a tenu à saluer chaleureusement le bilan de son prédécesseur : « Permettez-moi de saluer le travail accompli par Jean-Michel Fourgous à la présidence de Saint-Quentin-en-Yvelines. Notre agglomération a connu de belles réussites. » Il a cité notamment le vaccinodrome — qui a permis de vacciner 500 000 personnes durant la crise Covid —, le commissariat du futur, et l'accueil des épreuves des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris, dont la Fan Zone reste un symbole de réussite collective.
Jean-Michel Fourgous, de son côté, n'a pas manqué d'humour lors de son allocution préliminaire, glissant à son successeur : « Tu as su plus séduire les élus que moi. Je n'ai jamais été un grand séducteur. » Fervent défenseur du libéralisme économique, l'ancien président a conclu en réaffirmant sa conviction : « Soutenir les entreprises, ce sont elles qui font les emplois. Les chefs d'entreprises sont les vrais créateurs de richesse. » Il a déclaré laisser à son successeur une agglomération « saine avec des bases solides ».
Lorrain Merckaert a structuré son discours inaugural autour d'une métaphore médicale aussi audacieuse qu'imagée. SQY a 50 ans. « C'est l'âge de la maturité et le moment où on se demande : avons-nous vécu nos plus belles années ? Je ne le pense pas », a-t-il déclaré, avant d'évoquer les défis qui s'accumulent : contraintes financières, concurrence territoriale, défi démographique et mutations économiques.
Ses priorités s'articulent autour de cinq thématiques clés : les infrastructures vieillissantes (« nos artères »), le dynamisme économique fragilisé (« notre cœur »), la qualité de vie et l'environnement (« nos poumons»), la gouvernance (« notre cerveau »), et l'identité du territoire (« notreADN »). Concernant l'économie, il a pointé le départ de certaines entreprises, l'essor du télétravail, la révolution de l'intelligence artificielle et les mètres carrés de bureaux vacants, invitant l'agglomération à anticiper l'arrivée de la Ligne 18 du Grand Paris Express pour en saisir toutes les opportunités.
Sur le plan institutionnel, le nouveau président a annoncé la création d'un collège des directeurs généraux des communes, qui se réunira régulièrement, ainsi que l'élaboration d'un Pacte de Gouvernance lors des prochains conseils communautaires. « Ce dispositif nous offre le cadre idéal pour définir le partenariat et la mutualisation des compétences entre nos deux strates », a-t-il expliqué. Il a également rendu hommage au DGS de l'agglomération,Ari Benhacoun, et à l'ensemble de la direction générale pour leur agilité et leur savoir-faire.
Lorrain Merckaert a également été clair sur les choix budgétaires à venir : « Nous ne pourrons plus nous permettre de saupoudrer notre action. Saupoudrer, c'est s'épuiser sans réel impact. » Il a évoqué la nécessité de « sortir de la logique de l'agglomération porte-monnaie des communes, pour entrer dans celle d'un projet partagé, où chaque euro dépensé aura un sens intercommunal et une ambition communale. »
Prenant la parole après Lorrain Merckaert, François Morton, maire divers-gauche de Guyancourt, a revendiqué une part des succès de l'agglomération : « Ce sont les valeurs de gauche qui ont forgé les atouts aujourd'hui largement reconnus. » Il a également plaidé avec force pour « un retour à une régie publique de l'eau avec une tarification sociale » et rappelé que « le logement social est une chance ». Une prise de position qui annonce des débats animés au sein du nouvel exécutif communautaire.
Lors de cette séance d'installation, les 15 vice-présidents ont également été élus. Dans l'ordre protocolaire : Sandrine Carneiro (maire dePlaisir), Philippe Guiguen (maire des Clayes-sous-Bois), Alexandra Rosetti(maire de Voisins-le-Bretonneux), Jean-Baptiste Hamonic (maire de Villepreux),Grégory Garestier (maire de Maurepas), Jean-Michel Fourgous (maired'Élancourt), Nicolas Dainville (maire de La Verrière), Pierre-Louis Brière(maire de Magny-les-Hameaux), François Morton (maire de Guyancourt), Ali Rabeh(maire de Trappes), Didier Fischer (maire de Coignières), Thierry Michel (1eradjoint d'Élancourt), Catherine Bastoni (1ere adjointe àMontigny-le-Bretonneux), Laurence Duflos(adjointe à Plaisir), Josée Cachin (adjoint au maire de Montigny-le-Bretonneux).
Lorrain Merckaert a conclu son discours inaugural sur une note à la fois lucide et volontariste : « Ce territoire a vécu de belles années. Il en vivra encore d'aussi belles. À condition que nous ayons le courage du diagnostic, la sagesse du remède, et la volonté de faire ensemble. » Une formule qui résume bien l'esprit d'un président qui entend fédérer, prioriser et agir — sans naïveté sur les contraintes budgétaires qui pèsent sur le bloc local, mais avec la conviction que Saint-Quentin-en-Yvelines a encore de beaux chapitres à écrire.