
Le 15 avril 2026, le conseil communautaire de Cœur d'Yvelines a élu son nouveau président lors d'un scrutin très serré : Bertrand Hauet, maire de Saint-Germain-de-la-Grange, l'a emporté avec 29 voix contre 27 pour son concurrent Raphaël Nivoit, maire de Gambais. Une victoire à deux voix près, pour prendre la tête d'une intercommunalité de 31 communes et quelque 50 000 habitants, qui traverse depuis plusieurs années de profondes turbulences internes.
Il succède à Hervé Planchenault, maire de Montfort-l'Amaury, qui dirigeait la structure depuis 2014 et n'était pas candidat à sa propre succession.
La crise n'est pas nouvelle. Plusieurs communes dites historiques — Beynes, Jouars-Pontchartrain, Neauphle-le-Château, Thiverval-Grignon ou encore Villiers-Saint-Frédéric — avaient ouvertement exprimé leur désir de scission, reprochant à l'intercommunalité son immobilisme et son manque de projets concrets. Deux visions s'affrontaient au sein de la structure : d'un côté, la défense d'une intercommunalité au service de la ruralité et de l'autonomie communale ; de l'autre, une demande de davantage de dynamisme et de projets structurants.
Ancien premier vice-président en charge des finances et ingénieur en recherche et développement de formation, Bertrand Hauet entend tourner la page des querelles internes. Il veut imprimer une méthode de travail différente, basée sur des groupes de travail et des commissions qui se réuniront régulièrement, avec des comptes rendus transparents et des décisions appuyées sur des dossiers solides. Sa première initiative en tant que président a d'ailleurs été de se rendre sur les sites gérés par l'intercommunalité pour rencontrer le personnel.
La scission n'est désormais plus à l'ordre du jour. Les communes historiques qui réclamaient leur départ se retrouvent aujourd'hui aux premières places de la nouvelle gouvernance, ce qui contribue à apaiser le climat.
Sur le fond, le nouveau président défend un équilibre entre préservation des espaces naturels et développement économique raisonné. Avec 80 % des habitants travaillant à l'extérieur du territoire, il souhaite favoriser une mixité des logements pour accueillir les actifs qui peinent à se loger localement, sans pour autant tomber dans une logique de villes-dortoirs.
L'économie locale s'appuie sur deux piliers : les artisans et commerces locaux, à conforter sur les zones d'activités existantes, et l'agriculture, au cœur de l'identité du territoire. Sur ce volet, Bertrand Hauet compte soutenir le dossier de Grignon, aux côtés de l'association Grignon 2000, pour développer une plateforme d'entreprises publiques-privées orientée vers la recherche et développement agricole. La mobilité, la petite enfance et la solidarité financière avec les petites communes via des fonds de concours complètent cette feuille de route.
L'élection a aussi redistribué les cartes. Parmi les grands perdants de ce renouvellement, Thoiry, Montfort-l'Amaury et Neauphle-le-Château se retrouvent absents de la nouvelle gouvernance pour les six prochaines années. En revanche, de nouvelles communes font leur entrée dans l'intercommunalité : Le Tremblay-sur-Mauldre, Les Mesnuls, Gambais, Galluis, Autouillet et La Queue-lez-Yvelines.