Faits divers
La Verrière

La Verrière : trois ans de prison pour le pompier volontaire qui allumait des incendies

Un ASVP de 22 ans, également pompier volontaire, a été condamné lundi par le tribunal de Versailles. Il avait allumé deux incendies à La Verrière pour « se sentir utile ».
Photo d'illustration - Freepik
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Date de publication:
4/3/2026
Dernière modification:
4/3/2026

La Verrière (Yvelines), le 3 mars 2026 — L'affaire avait sidéré les habitants de La Verrière. Quentin, 22 ans, habitant d'Achères, pompier volontaire depuis quatre ans à Osny (Val-d'Oise) et fraîchement recruté comme agent de surveillance de la voie publique (ASVP) par la commune, avait allumé deux incendies volontaires dans sa propre ville d'affectation. Jugé ce lundi 2 mars devant le tribunal judiciaire de Versailles, il a été condamné à 3 ans de prison dont 18 mois ferme.

Gel hydroalcoolique et allumettes

La méthode était toujours la même. « J'ai versé du gel hydroalcoolique et j'ai craqué des allumettes », a reconnu le prévenu à la barre. Le 13 octobre 2025, moins de quinze jours après sa prise de poste, il met le feu à un pavillon inoccupé appartenant à la mairie. Quinze jours plus tard, il embrase une haie derrière les locaux de la police municipale. Les flammes se propagent alors jusqu'à « lécher » la toiture d'une maison voisine, où dormaient encore une mère célibataire et ses deux enfants de 12 et 15 ans.​

Lors de la perquisition de son domicile, les enquêteurs ont également mis la main sur un gilet pare-balles et deux talkies-walkies volés à son employeur.

« Je voulais me sentir utile »

Interrogé sur ses motivations, Quentin a rejeté toute fascination pour le feu. « Je voulais me sentir utile, on ne me donnait pas d'activité », a-t-il expliqué, évoquant aussi sa frustration de ne pas pouvoir encore verbaliser des véhicules, en attente de sa prestation de serment. Une justification que la présidente du tribunal a rapidement balayée, soulignant que les premiers faits dataient de seulement quinze jours après son recrutement.

Ému aux larmes, le jeune homme a confié en audience : « Tout ce que je voulais, c'était être pompier comme mon père. » Un rêve brisé par ses propres actes : l'armée, qu'il avait intégrée, a mis fin à sa période d'essai après sa condamnation pénale.

Un verdict lourd de conséquences

La procureure avait requis 5 ans de prison dont 3 avec sursis, insistant sur la « circonstance aggravante » liée à sa qualité de personne chargée d'une mission de service public et sur « la dangerosité qu'il représente pour la société ». Le tribunal a finalement prononcé une peine de 3 ans de prison dont 18 mois ferme, assortie de plusieurs interdictions :

  • Interdiction définitive d'exercer comme ASVP ou dans la fonction publique
  • Interdiction de paraître à La Verrière
  • Interdiction de port d'arme pendant 5 ans
  • Obligation de soins psychologiques

Sur le plan financier, Quentin devra rembourser 17 287 euros aux pompiers des Yvelines pour le coût des interventions, 3 305,80 euros à la famille pour les dégâts matériels, ainsi que 1 000 euros à la mère et 1 500 euros à ses deux fils pour préjudice moral. L'enfant de 12 ans est décrit comme « profondément traumatisé » par les flammes.

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