
Née le 23 juillet 1912 à Paris, dans le IXe arrondissement, Madeleine Dellamonica a connu un XXe siècle entier et plus d’un quart du XXIe. Elle est venue au monde avant la Première Guerre mondiale et s’est mariée avant la Seconde, témoignant d’une mémoire vivante d’une époque désormais largement entrée dans l’Histoire. À cinq mois de son 114e anniversaire, elle devient officiellement la doyenne des Français, titre qu’occupait jusqu’alors Marie-Rose Tessier, décédée le 10 février aux Sables-d’Olonne à l’âge de 115 ans.
Si elle est née à Paris, Madeleine Dellamonica a presque toujours vécu au Vésinet, la célèbre « ville-parc » verdoyante de l’ouest parisien. Elle y a suivi sa scolarité au cours Janné, ancien établissement situé sur l’actuel boulevard Carnot, disparu dans les années 1960. C’est également dans cette commune qu’elle a épousé en 1933 Rodolphe Dellamonica, lors d’une cérémonie célébrée dans le bâtiment qui abrite aujourd’hui l’hôtel de ville ; veuve depuis trente-quatre ans, elle y réside toujours, au cœur du centre-ville.
Au-delà de sa longévité exceptionnelle, Madeleine Dellamonica s’est illustrée dans le monde universitaire et historique. Après des études à l’École du Louvre, elle s’est spécialisée dans l’Égypte antique, publiant plusieurs travaux qui lui ont valu une reconnaissance dans le milieu des historiens. Son dernier ouvrage est paru en 2009, alors qu’elle fêtait ses 97 ans, preuve d’une activité intellectuelle soutenue bien au-delà de l’âge de la retraite. Le maire du Vésinet, Bruno Coradetti, salue « une belle carrière dans la littérature et dans l’Histoire », lui ayant notamment remis un bouquet pour ses 110 ans, comme il le fait pour chaque habitant franchissant un âge symbolique.
Aujourd’hui, la supercentenaire mène une retraite très paisible dans une grande demeure du centre du Vésinet. Elle vit seule, mais demeure entourée en permanence d’un personnel soignant, d’un tuteur et d’une dame de compagnie, qui veillent à son confort et à sa sécurité au quotidien. Compte tenu de sa santé fragile, sa famille tient à préserver strictement son intimité : elle ne donne pas d’interviews, limite les visites et n’a autorisé la diffusion que d’une unique photographie via les canaux de communication de la ville.
Le parcours de Madeleine Dellamonica s’inscrit dans un contexte national où la longévité progresse régulièrement. La France compte désormais près de 30 000 centenaires, soit environ 0,04% de la population totale. L’Île-de-France affiche l’espérance de vie la plus élevée du pays, avec 86,6 ans pour les femmes et 81,9 ans pour les hommes ; les Yvelines, où réside la doyenne, se classent au deuxième rang des départements les plus « longévifs », derrière les Hauts-de-Seine, champions en la matière. Ce symbole supplémentaire renforce encore un peu plus l’image du Vésinet comme commune privilégiée, où patrimoine, cadre de vie et longévité semblent étroitement liés.