
Versailles (Yvelines), le 18 mars 2026. Mouhamed, 27 ans, comparaissait en audience de comparution immédiate devant la 6e chambre correctionnelle du tribunal de Versailles le vendredi 13 mars 2026. Son dossier était chargé : conduite en état d'ivresse, refus de se soumettre à l'éthylomètre et au test de stupéfiants, refus de relevés signalétiques et outrage à agent. Les faits remontaient au 12 mars à Mantes-la-Jolie. Face à sa personnalité, le tribunal avait décidé d'ordonner une expertise psychiatrique et, dans l'attente, un placement en détention provisoire.
La décision n'est visiblement pas du goût du prévenu. Au moment où les policiers s'apprêtent à lui passer les menottes, Mouhamed prend appui sur le rebord du box des deux mains et saute par-dessus d'une seule impulsion. Il emprunte aussitôt la porte du public, traverse la salle des pas perdus, longe les couloirs jusqu'à l'entrée du palais de justice et franchit les tourniquets d'un bond. Dans la rue, il prend à gauche et court à perdre haleine, talonnné de près par les policiers.
Sa liberté retrouvée ne durera que quelques centaines de mètres. Arrivé devant le magasin Monoprix, Mouhamed glisse sur le trottoir et s'étale de tout son long. Les fonctionnaires de police, qui n'ont pas lâché sa trace, le maîtrisent immédiatement. Rideau. Le vendredi 13, décidément, n'était pas son jour. Une enquête classique a été ouverte pour les faits d'évasion. Pour les infractions de Mantes-la-Jolie, il sera jugé le mardi 19 mai 2026.
Ce n'est pas la première fois que le tribunal de Versailles est le théâtre d'une telle scène. Le 6 juin 2025, un homme mis en examen pour tentative de meurtre avait réussi une évasion autrement plus spectaculaire, traversant tout l'édifice avant de disparaître dans la nature. Sa cavale avait duré 14 jours, jusqu'à ce qu'il soit retrouvé dans les Alpes-Maritimes, devant le domicile de sa mère. Une anecdote judiciaire qui illustre les failles persistantes dans la sécurisation des palais de justice.