À l'intérieur se trouvent un jeune conducteur et son passager. Lorsque les fonctionnaires contrôlent le véhicule, un gyrophare, visible sur le toit, attirent immédiatement leur attention.
Invité à décliner son identité, le conducteur affirme d'un ton assuré qu'il est fonctionnaire de police affecté à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) à Paris, la « police des polices ». Incapable de produire une carte professionnelle ou de donner son matricule, il finit par se contredire, ce qui amène les agents à diligenter des vérifications plus poussées dans leurs fichiers.
Les recherches administratives révèlent que la voiture n'est pas assurée et qu'elle est immatriculée au nom d'un garage dont l'existence n'est pas confirmée, ce qui renforce les soupçons de recel ou d'escroquerie. Le passager, lui, est défavorablement connu des services de police pour détention et usage de stupéfiants, un élément de plus qui alerte les enquêteurs sur la nature du duo.
Une fouille du véhicule est alors menée en présence du conducteur et permet de découvrir un important lot de matériels : couteau pliant, bâton télescopique, menottes, manteau et brassard marqués « Police », gilet pare-balles, gyrophare, témoin de chambre vide et plusieurs écussons de la police nationale. L'ensemble de ces équipements, facilement accessibles depuis le siège conducteur, laisse penser que le jeune homme se préparait à se faire passer pour un vrai policier lors de contrôles ou d'interventions fictives.
Les vérifications d'identité révèlent finalement que le conducteur est un élève policier adjoint, âgé de 20 ans et originaire d'Argenteuil, inscrit à l'École nationale de police de Rouen-Oissel, en Seine-Maritime. Cet établissement, qui forme notamment des policiers adjoints et des élèves gardiens de la paix, accueille chaque année plusieurs centaines de recrues issues de toute la France.
Ce statut rend l'affaire particulièrement sensée : en formation pour intégrer la police, le jeune homme connaît les règles déontologiques et les risques encourus en usurpant la qualité de fonctionnaire de police ou en utilisant du matériel professionnel en dehors du cadre autorisé. Les enquêtes détermineront comment il s'est procuré ces effets et s'il a pu, avant son interpellation, se livrer à de faux contrôles routiers ou à d'autres agissements illégaux.
Le jeune conducteur a été placé en garde à vue au commissariat de Sartrouville pour port d'arme, recel d'escroquerie et défaut d'assurance, des infractions pénales passibles de peines de prison et d'interdictions professionnelles. Les enquêteurs procèdent à une série d'auditions et d'analyses techniques afin d'identifier d'éventuelles victimes, de retracer l'origine du véhicule et de vérifier si des signalements de faux policiers correspondant à son profil.
Son passager, pour l'heure, a été laissé libre, mais il pourrait être de nouveau entendu si des éléments le mettent en cause dans un éventuel projet de vol, de cambriolage ou d'extorsion commis sous couvert d'une fausse qualité policière. Le parquet des Yvelines doit décider dans les prochaines heures d'une éventuelle comparaison immédiate, d'une ouverture d'information judiciaire ou d'un simple rappel à la loi, en tenant compte du statut d'élève policier du mis en cause.