
C'est un dossier explosif qui surgit au plus mauvais moment pour Sandrine Bernos Dos Santos. En ballotage défavorable face à Karl Olive avant le deuxième tour de dimanche prochain, la maire sortante voit sa campagne parasitée par les pratiques controversées de son adjoint au commerce, à l'événementiel et au tourisme, Jean‑Jacques Nicot, figure incontournable de la vie associative locale. Ce dernier préside la Saint‑Louis de Poissy, mastodonte sportif créé en 1911, fort de 1 600 adhérents et bénéficiant d'environ 45 000 euros de subventions communales selon les années, où se côtoient gymnastique, danse, musique, sports de combat et marche nordique pour des cotisations annuelles comprises entre 220 et 700 euros selon les sections.
Selon plusieurs sources internes, la Saint‑Louis de Poissy serait désormais gérée de manière solitaire par Jean‑Jacques Nicot, dans une opacité quasi totale. Le président ne rend plus de comptes depuis longtemps, en dépit des obligations légales qui imposent aux associations subventionnées une transparence minimale vis‑à‑vis de leurs adhérents, de leur banque et de leurs financiers publics. Sur les neuf membres du bureau encore affichés sur le site internet de l'association, seuls deux seraient réellement en fonction, dont Jean‑Jacques Nicot lui‑même, les autres ayant démissionné, soit en désaccord avec la gestion, soit après un déménagement.
Plus préoccupant encore, ni le Crédit Mutuel, la banque où sont déposés les fonds de l'association, ni la ville de Poissy, pourtant bailleur de la structure, n'auraient reçu de procès‑verbal d'assemblée générale récente ni de bilan financier actualisé. Une nouvelle AG,programmée le 20 février dernier, a finalement été annulée en dernière minute par le président sans explication, alimentant un peu plus les soupçons sur l'état réel des comptes.
Du côté de l'hôtel de ville, difficile de plaider l'ignorance. Les services municipaux, qui ont demandé les procès‑verbaux des dernières assemblées générales de la Saint‑Louis, se heurteraient à un mur de silence. Malgré ces documents manquants, une avance aurait néanmoins été votée au bénéfice de l'association, dont l'importance dans le paysage sportif pisciacais est incontestable depuis des décennies. En interne, l'inquiétude grandit : les finances de la structure seraient concentrées entre les mains d'un seul homme, qui refuserait obstinément de les communiquer, alors que la Saint‑Louis est considérée comme un pilier de la vie locale pisciacaise.
Selon des témoins présents sur le marché de Poissy ce mardi, en présence d'une équipe de France 3, le maire aurait prononcé une sibyllin « Nicot il est fini », une phrase qui ressemble étrangement à un lâchage en rase campagne. Cette ambiguïté entre soutien affiché et mise à distance verbale pourrait peser lourd dans une élection déjà tendue, où chaque incident peut faire basculer un parti de l'électorat.