
Le sort du site Stellantis de Poissy désormais connu. À l'occasion d'un CSE extraordinaire ce jeudi 16 avril, la direction a confirmé que l'usine yvelinoise du constructeur qui produit aujourd'hui l'Opel Mokka et la DS3 n'assemblerait plus de voitures à partir de fin 2028.Le site ne fermera pas pour autant mais sera orienté vers de nouvelles activités industrielles qui seront pleinement opérationnelles d'ici à 2030. Ces nouvelles activités seront développées autour de quatre pôles: la production de pièces automobiles, la valorisation de pièces automobiles dans une logique d'économie circulaire, la préparation et la transformation de véhicules et l'impression 3D de pièces pour des petites séries. Stellantis consacrera 100 millions d'euros à cette transformation.
"Cette décision est le résultat d’une co-construction efficace avec des partenaires sociaux responsables qui ont toujours défendu l’emploi et la pérennité du site, en collaborant activement aux groupes de travail sur ces nouvelles activités", a expliqué le directeur du site, Eric Hann.
En novembre dernier, Stellantis s'était déjà engagé à assurer "un avenir industriel" au site de Poissy, seul site de production automobile en Île-de-France, et avait écarté l'éventualité d'un plan social en cas d'arrêt de la production de véhicules. L'usine de Poissy compte aujourd'hui 1 925ouvriers "sur le papier", "mais en réalité, environ 1 580 personnes travaillent réellement sur le site, compte tenu des absences pour formation, congés, congés séniors ou maladie", précise le constructeur. D'ici 2030, 1.000 postes seront maintenus mais cela correspond à "1 200ouvriers actifs" car dans " l'industrie il faut environ 1,2 personne pour tenir un poste, à cause des prises de congés, de formations, des absences maladie", ajoute l'entreprise.
Elle précise par ailleurs que les évolutions d'effectifs se feront "compte tenu de la pyramide des âges de manière progressive par une politique d'emplois écurisé via des départs naturels ou des mesures individuelles basées sur le volontariat permettant de trouver une solution pour chacun". Sud dénonce une "saignée" et appelle à la grève
"Dans une industrie automobile en pleine transformation, ce projet coconstruit avec les partenaires sociaux, garantit un futur pérenne au site industriel de Poissy autour d’activités résolument tournées vers l’avenir. C’est une illustration de notre politique sociale responsable", a précisé Xavier Chéreau, Chief Human Resources & Sustainability Officer de Stellantis. Du côté du syndicat Sud Stellantis Poissy, on dénonce au contraire"la fermeture de l'usine" qui se traduira par "une véritable saignée" alors que "les promesses de nouvelles activités industrielles annoncées ne représentent que 2 à 300 emplois sans aucune garantie de pérennité sur les 2 000 emplois actuels et c'est sans compter les milliers d'emplois d'équipementiers et de sous-traitants".
L'organisation syndicale appelle ainsi les salariés du site et de tous les équipementiers à faire grève le 23 avril "pour imposer à la direction des garanties pour que tous les travailleurs continuent à pouvoir faire vivre leurs familles après la dernière voiture produite".