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Dimanche dernier, Arthur Dehaene, adjoint démissionnaire de la majorité sortante est arrivé en tête du premier tour, devançant avec 33 % des voix Franck Lelièvre, lui aussi adjoint de la majorité sortante adoubé par Jacques Myard qui a obtenu 30,57 % des suffrages. Candidat de la gauche unie Arthur Ljubenovic arrivé troisième a totalisé 14,58 %. Quant à Valérie Singer, ex-collaboratrice de Yaël Braun-Pivet, elle est arrivée au quatrième rang avec 10,95 %. Lucides sur l’issue du scrutin de dimanche, Nicolas Ljunebovic comme Valérie Singer savent que leurs chances de victoires sont factuellement inexistantes. En revanche, l’un plaide auprès des électeurs pour une présence de la gauche au conseil municipal. Quant à Valérie Singer, elle estime qu’une opposition déterminée est nécessaire dans une assemblée communale pour faire vivre la démocratie locale. C’est le sens de leur campagne de l’entre-deux tours.
Tant qu’on ne gratte pas le vernis, Arthur Dehaene a tout pour lui ou presque. Enfant de Maisons-Laffitte, énarque, il affiche le profil du candidat idéal. Sauf qu’à y regarder de plus près, le parcours politique du candidat est beaucoup plus sinueux qu’il n’y paraît. Quand en juin 2024, Jacques Myard se présente aux législatives sous l’étiquette RN-LR, celui qui est encore adjoint participe à la campagne du maire qui terminera son bout de chemin avec l’extrême droite, sèchement battu au deuxième tour par la présidente de l’assemblée nationale (A Maisons-Laffitte, 25,82 % pour Jacques Myard contre 55,48 % à Yaël Braun-Pivet). Malgré son revers, reconnaissant vis-à-vis de son équipe, Jacques Myard organise quelques jours plus tard une réception. Arthur Dehaene est bien présent à ses remerciements.
C’est dire qu’à l’époque il ne condamne en rien le rapprochement de son maire avec le Rassemblement national et LR canal Ciotti…Quelques mois plus tard, il se ravise et il s’en sert pour mettre en scène son départ de la majorité municipale avec laquelle il a été parfaitement aligné pendant tout le mandat sauf opportunément à quelques mois de l’échéance, son vote ne faisant jamais défaut.
La constitution de sa liste n’a pas non plus été un long fleuve tranquille. Des différents sont survenus rapidement avec Philippe Bouvier, adjoint aux finances de l’équipe sortante, Janick Gehin, ex-conseillère départementale mais aussi Julien Sivagnamam, connu pour organiser bénévolement les cafés de l’IA à Maisons-Laffitte. Une autre colistière a même décidé de s’en aller alors qu’elle figurait il y a encore un mois sur les tracts de campagne. Un des partants justifie sa rupture avec le candidat : « Le problème d’Arthur c’est qu’il veut décider de tout tout seul. Il en vient comme ça à faire des promesses intenables et n’hésite pas à quelques jours du scrutin à piller les bonnes idées des autres listes. A commencer par le programme cheval de Valérie Singer. Et puis on constate bien dans les échanges son manque évident d’humilité. C’est quand même le seul à avoir l’audace de saluer les gens en leur disant : « bonjour, Arthur Dehaene, futur maire de Maisons-Laffitte ». Si d’aventure les électeurs mansonniens décidaient dimanche de ne pas lui confier les responsabilités dont il rêve, ses plus fidèles supporters seraient extrêmement déçus. A commencer par son papa surpris et filmé en train d’arracher les affiches de ses concurrents. Et puis s’envoleraient alors ses rêves d’assemblée nationale, lui qui ambitionne déjà les prochaines législatives de 2027. « Dans son esprit, tout est ficelé, il se voit maire dimanche et député l'année prochaine. Il compte installer Jean-Claude Girot comme maire de Maisons-Laffitte » commente un fin connaisseur des arcanes politiciennes mansoniennes.