
Battu dimanche dernier au deuxième tour des élections municipales à Poissy par celle qu'il avait lui-même installé à la tête de la Ville lors de son départ pour l'Assemblée nationale, Karl Olive contre-attaque sur le terrain judiciaire. L'ex-maire et député a confirmé ce vendredi le dépôt d'un recours devant le tribunal administratif et dit vouloir « que justice soit faite ». « Qu'on ne s'y trompe pas, le recours que nous avons déposé ce mercredi n'est pas un réflexe de mauvais perdant, je souhaite simplement que justice soit faite, que la vérité soit dite »,insiste-t-il d'emblée.
Lors de cette conférence de presse, il a affirmé avoir été la cible d'une campagne d'une violence rare. « On connaîssait le front anti Rassemblement national, on connaissait le front anti LFI, on connaît désormais le front anti KO », lâche le député, qui dit accepter le résultat des urnes tout en dénonçant « une véritable campagne de caniveau émaillée de très nombreuses irrégularités ».
Karl Olive assure disposer des documents écrits et filmés pour étayer ses accusations. « Nous sommes sortis en tête au premier tour ce qui était déjà un exploit mais pendant toute la semaine et même après la fin de la campagne officielle, c'est allé crescendo avec de graves manquements au code électoral », affirme-t-il.
Il cite notamment deux tracts électoraux. Le premier, intitulé « Dimanche, faites le choix de l'honnêteté » et émanant, selon lui, de la liste de la maire sortante, contenait plusieurs passages diffamants. Le second, anonyme, appelait à « faire barrage à l'islamophobie et raciste de Karl Olive ce Mr n'a de cesser de combattre les musulmans ».
L'ancien maire, qui rappelle avoir grandi « dans une cité de Poissy dans une famille ouvrière », se dit profondément choqué par ces mises en cause. « Tout ça car j'ai participé avec des députés de tous bords à un voyage parlementaire en Israël alors que je le redis, ce qui s'est passé avec les populations palestiniennes est inadmissible » explique-t-il.
Il rejette fermement les accusations de racisme : « M'accuser d'islamophobie et de racisme, moi qui est permis la construction d'une salle de prière dans le quartier de Saint-Exupéry pour que nos compatriotes musulmans puissent pratiquer leur culte dans des conditions dignes, que l'immense majorité des membres de la communauté musulmane de Poissy sont mes amis, moi qui ai créé le jardin de l'Olivier fréquenté par toutes les religions, moi qui ai organisé des repas fraternels trimestriels en présence de représentants de tous les cultes catholique, protestant, musulman et juif. C'est hallucinant ».
Karl Olive est également revenu sur les tirs de mortiers du 14 février , visant son équipe et ses supporters. Certains ont été blessés et placés en arrêt de travail. « Nous saurons ce que je sais qui s'est passé », glisse-t-il énigmatique, laissant entendre que l'enquête progresse sans pouvoir en dire davantage, secret de l'instruction oblige.
Sur le terrain politique, il salue la campagne de Mathieu Paranthoen, candidat de la gauche et des écologistes, à qui il a manqué une quarantaine de voix pour accéder au second tour. « Lui au moins a fait une campagne de projets », souligne-t-il, tout en regrettant que la gauche ne soit pas parvenue à s'unir dès le premier tour et ait, selon lui, favorisé une liste « sur laquelle figure des électeurs de Monsieur Zemmour » au second.
Il égratigne aussi Maxime Legrand, autre candidat de gauche, accusé d'avoir « siphonné » les voix manquantes à Mathieu Paranthoen : « Il est venu me voir pour que je le prenne sur ma liste. J'ai dit non du coup il a monté sa liste. Je m'étonne que ce monsieur, ayant été confondu comme étant l'auteur de dégradation sur notre permanence et sur l'espace public de Poissy n'a pas été l'objet d'une plainte émanant de la ville, aujourd'hui je comprends mieux la standing ovation dont il a été l'objet lors de la dernière réunion de ma concurrente ».
Sur un plan plus personnel, Karl Olive confie son écoeurement face au traitement réservé à sa famille, en particulier à deux de ses fils. Il raconte avoir retrouvé son plus jeune, 13 ans, en larmes : « Je suis rentré un soir à la maison à 23 h 30, il était en pleurs et m'a dit « ils disent à l'école que tu vas aller en prison ».Tout ça car un montage réalisé avec l'intelligence artificielle me montre en bagnard, un boulet au pied ».
Concernant son fils aîné, qui a reconnu avoir insulté la maire élue au soir du deuxième tour en mairie et fait depuis l'objet d'une plainte, il reconnaît la faute : il « a insulté la candidate élue au soir du deuxième tour en mairie puis s'est excusé alors qu'elle portait plainte contre lui. Je tiens moi aussi à renouveler mes excuses». Et d'ajouter : « Nous ne sommes pas des êtres surhumains. Il a tout simplement craqué car lui non plus, rien ne lui a été épargné depuis tellement longtemps ».
Malgré ce climat tendu, Karl Olive assure qu'il siègera dimanche matin au conseil municipal , aux côtés de neuf de ses colistiers, pour l'installation de la nouvelle assemblée et l'élection du maire et des adjoints. Il peut, rappelle-t-il, continuer à occuper l'ensemble de ses mandats dans l'attente de la décision du tribunal administratif.