
Dans la nuit du drame, vers 3 heures du matin, une voisine alerte la police après avoir entendu des cris au domicile de l'accusé, alors âgé de 20 ans, résidant à Carrières-sur-Seine. À l'arrivée des forces de l'ordre, Raphaël Carvalho leur ouvre la porte en déclarant avoir « fait une connerie ». La jeune femme, morte et ensanglantée, est retrouvée dans la cuisine, près d'un couteau à steak.
L'ordonnance de mise en accusation détaille l'enchaînement des violences : coups de poing, neuf coups de couteau dont trois dans des zones vitales, morsures au visage et étranglements. L'instruction souligne « l'intensité de la colère de Raphaël Carvalho » et son « acharnement».
En couple depuis deux mois et demi avec la victime, Raphaël Carvalho reconnaît être l'auteur des violences, mais affirme ne pas avoir souhaité lui donner la mort. Selon lui, un premier coup aurait été porté après un « mot de trop », avant que la jeune femme ne s'approche avec un couteau. C'est uniquement lorsqu'elle l'aurait attaqué avec son téléphone portable qu'il se serait défendu avec l'arme, selon sa version.
L'instruction retient toutefois une consommation élevée d'alcool ce soir-là et estime que l'accusé « présentait un profil d'alcoolique non assumé » ainsi qu'une « jalousie maladive ».
« À l'horreur des faits, il y a l'abject du positionnement », dénonce MaîtreFabien Arakelian, avocat des parents, du frère, de l'oncle et de la tante de la victime. « Qu'est-ce que des parents peuvent attendre de la justice quand on leur a enlevé leur fille de 18 ans dans des circonstances empruntes d'une violence extrême ? », interroge-t-il, évoquant la « barbarie » du crime. L'avocate de la défense, Maître Julie Lehut, n'a pas souhaité s'exprimer avant la fin du procès.
Ce procès s'ouvre dans un contexte préoccupant : 107 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2024, contre 96 en 2023, selon les dernières données de la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof).