
La police municipale de Carrières-sous-Poissy a publié samedi 31 mai 2026 à 20h38 un communiqué sur sa page Facebook officielle annonçant une opération renforcée contre les rodéos urbains motorisés. Le message, accompagné des hashtags #StopRodeo et #TranquillitéPublique, marque une nouvelle étape du dispositif lancé en octobre 2024 par la commune de la boucle de Seine. Pour les 16 000 habitants, le signal est clair : la trêve printanière, période où les deux-roues ressortent en masse, ne sera pas tolérée.
Lancé sous l'impulsion du maire Eddie Aït, le dispositif Stop-Rodéo cumule, selon la mairie de Carrières-sous-Poissy, 110 interventions, 11 véhicules saisis, 9 interpellations dont 3 incarcérations et plus de 40 signalements anonymes traités depuis octobre 2024. Cité en exemple par France Bleu Paris et CNews, il combine patrouilles ciblées, coopération avec les commissariats de Poissy (16 boulevard Louis-Lemelle) et de Conflans-Sainte-Honorine, et identification des lieux de stockage des motos.
Au cœur du dispositif, une adresse mail dédiée : stop-rodeos@carrieres-sous-poissy.fr. « L'idée n'est pas de dénoncer, mais d'aider la police à identifier les lieux de stockage » des motos utilisées lors de rodéos, expliquait Eddie Aït selon France Bleu Paris IDF. Les habitants peuvent aussi joindre la police municipale 24h/24 au 36 20 ou se rendre au 9 avenue de l'Hautil. La page institutionnelle rappelle que la police municipale « intervient en complément et en coopération avec la Police Nationale ».
Chaque retour des beaux jours ramène son lot de nuisances sonores et de prises de risques sur la voirie. Cross urbains, wheelings, slaloms entre voitures : les rodéos motorisés troublent la tranquillité publique et exposent piétons et automobilistes à des accidents graves. C'est précisément pour répondre à ce phénomène saisonnier que la loi n°2018-701 du 3 août 2018, dite « loi Saurel », a transformé le rodéo motorisé en délit pénal autonome après plusieurs drames sur le territoire national.
Le cadre est défini aux articles L236-1 à L236-3 du code de la route. Selon Légifrance, constitue un rodéo motorisé « le fait d'adopter, au moyen d'un véhicule terrestre à moteur, une conduite répétant de façon intentionnelle des manœuvres […] dans des conditions qui compromettent la sécurité des usagers de la route ou qui troublent la tranquillité publique ». Les peines vont d'un an de prison et 15 000 € d'amende pour un rodéo isolé à 5 ans et 75 000 € en cas de cumul d'aggravantes. L'article L236-3 prévoit en outre la confiscation obligatoire du véhicule.
Pour aller plus loin, la commune travaille sur un équipement en drones et la création d'une brigade motorisée capable d'intervenir plus rapidement dans les zones difficiles d'accès. Une réponse à la mobilité même des contrevenants : une voiture de patrouille peine à suivre une moto cross sur un chemin de berge ou un parking de zone d'activité. Les dossiers transmis au parquet de Versailles concernent à ce jour 9 interpellations et 3 incarcérations selon la mairie.
La sécurité publique reste l'un des marqueurs forts du mandat d'Eddie Aït à Carrières-sous-Poissy, dans une commune limitrophe de Poissy et Conflans-Sainte-Honorine où les rodéos s'invitent régulièrement dans le débat local. Les prochaines semaines diront si l'opération annoncée le 31 mai se traduit par une hausse visible des saisies, et si le modèle CSP — déjà observé ailleurs dans les Yvelines, comme lors d'incidents récents sur la tranquillité publique — inspire d'autres communes de la boucle de Seine.