
L’usine Safran, située rueLouise-Michel à Mantes-la-Ville, est au cœur d’une vive mobilisation sociale. À l’appel de FO et de la CFDT, environ 150 salariés se sont rassemblés devant le site pour protester contre un projet de fermeture qui pourrait conduire à la disparition progressive de cette usine historique, anciennement Aviac puis Sagem.
Le site, spécialisé dans la fabrication de commandes de vol et d’actionneurs pour l’aéronautique, fonctionne aujourd’hui en 3 x 8 et tourne à pleine capacité. L’usine emploie 420 salariés en CDI et CDD, auxquels s’ajoutent 80 intérimaires, soit environ 500 personnes au total. Malgré cette activité soutenue, l’établissement ne pourrait pas s’étendre, implanté dans un quartier désormais résidentiel.
Un regroupement des activités
La direction du groupe a présenté un pré projet de fermeture au conseil social et économique le 15 avril dernier. Le plan prévoit de regrouper les activités d’actionnement sur deux autres sites existants : Vernon, dans l’Eure, pour l’aéronautique militaire et l’hélicoptère, et Saint-Ouen-l’Aumône, dans le Val-d’Oise, pour l’aviation commerciale. L’objectif affiché serait d’accompagner la croissance de l’activité et de moderniser les outils de production.
Selon les éléments avancés par les représentants syndicaux, 270 salariés seraient transférés à Saint-Marcel, dans l’Eure, et 30 à Saint-Ouen-l’Aumône à partir de 2027. Enrevanche, 112 salariés n’auraient pour l’instant aucune solution de reclassement et seraient considérés comme des doublons.
Des syndicats vent debout
Pour les organisations syndicales, cette fermeture serait d’autant plus incompréhensible que Safran affiche une santé financière très solide. Le groupe vise un résultat supérieur à 6 milliards d’euros en 2026. Les syndicats dénoncent donc une décision qui, selon eux, sacrifierait des savoir-faire industriels précieux pour le territoire.
Ils annoncent vouloir saisir les administrateurs représentant l’État au conseil d’administration du groupe. Dans leur réaction, les métallurgistes du Val de Seine critiquent également la politique industrielle nationale, estimant que cette fermeture contredit les discours sur la réindustrialisation et l’électrification.
Une décision qui interroge le territoire
Au-delà du sort des salariés, le dossier inquiète les acteurs locaux. Safran figure parmi les premiers employeurs, sinon le premier, de Mantes-la-Ville. La disparition du site représenterait un choc économique et social important pour la commune et pour les Yvelines, avec la perte de compétences industrielles spécialisées.
Le projet s’inscrit aussi dans le contexte du rachat en 2025 par Safran des activités d’actionnement et de commandes de vol de Collins Aerospace, propriétaire des sites de Vernon et de Saint-Ouen-l’Aumône. Cette opération semble avoir accéléré la recomposition industrielle du groupe au détriment de l’usine mantevilloise.