
Le mardi 14 avril 2026, une quarantaine de manifestants de la CGT du centre hospitalier intercommunal de Poissy/Saint-Germain-en-Laye (Chips) se sont rassemblés devant l'entrée de l'établissement. Conditions de travail dégradées, manque de moyens, pression croissante sur les équipes : les griefs sont nombreux et partagés par l'ensemble des services. Selon le secrétaire général du syndicat CGT du Chips, Franck Caplet, l'objectif de la mobilisation était d'unifier les différents services pour faire comprendre à la direction les problématiques vécues par chacun, et d'envoyer un message clair : le personnel n'est pas corvéable à merci.
Au cœur des revendications, la question des effectifs revient comme un leitmotiv. Les syndicats dénoncent un système de maquettage — une réorganisation des services — perçu comme un outil de réduction des effectifs déguisé. Les départs à la retraite et les arrêts maladie ne seraient plus systématiquement remplacés, tandis que les mutualisations entre services se multiplient, contraignant les agents à des déplacements constants et à des conditions de travail dégradées en permanence. Des salariés en CDD de trois ou quatre ans côtoient des titulaires redéployés de force vers d'autres services, une situation jugée inacceptable par les manifestants.
Les urgences sont pointées comme le symbole le plus visible de la crise. Des agents présents depuis plusieurs décennies dans l'établissement témoignent n'avoir jamais vu l'hôpital dans un tel état. Les délais de rendez-vous s'allongent en raison du manque de médecins, la motivation du personnel s'érode et certains agents se retrouvent seuls à assumer le travail de plusieurs personnes, dans une atmosphère décrite comme angoissante au quotidien.
La CGT n'a pas choisi cette date au hasard : le rassemblement coïncidait avec la semaine de certification de l'hôpital par la Haute Autorité de Santé (HAS). Pour les syndicats, cette évaluation externe ne reflète pas la réalité vécue par le personnel : le jour de la visite des experts, tout est mis en ordre, mais les problèmes de fond — effectifs insuffisants, nombre de lits, charge de travail réelle — ne seraient jamais questionnés.
Des représentants d'autres syndicats, venus apporter leur soutien, ont également dénoncé les logiques financières imposées par l'Agence régionale de santé (ARS), qui fixerait des objectifs de rentabilité plutôt que des objectifs de qualité des soins, dans un département pourtant en croissance démographique.
Contacté par 78actu, le Chips n'a pas souhaité répondre directement aux accusations. La direction a simplement indiqué que les échanges avec les organisations syndicales sont continus au sein des instances régulières, et que le thème du recrutement et de la gestion des effectifs y est régulièrement abordé.