
Les policiers allument alors gyrophare et sirène pour procéder à un contrôle routier, mais le conducteur refuse d’obtempérer et prend la fuite, déclenchant une course‑poursuite dans les rues de la ville.
Au fil de la poursuite, l’automobiliste percute plusieurs véhicules en stationnement, mettant en danger les usagers et les riverains. Arrivé rue de la Nouvelle‑France, il ralentit, ce qui incite les agents à mettre pied à terre pour tenter de l’interpeller. C’est à ce moment que la situation dégénère : le conducteur redémarre brusquement,fonce vers les fonctionnaires et heurte violemment la portière ouverte de la voiture de police, qui se rabat contre le capot de la Clio.
Deux policiers se retrouvent alors coincés entre le véhicule de police et la Renault Clio, écrasés au niveau des jambes et du buste. Ils souffrent notamment d’entorses aux genoux, de douleurs au dos et de multiples contusions, et sont pris en charge par les secours avant d’être transportés à l’hôpital. Un troisième fonctionnaire est blessé lors de l’interpellation, le suspect se rebellant violemment malgré les injonctions des forces de l’ordre.
La course folle du véhicule s’achève contre un gros rocher installé sur la chaussée en guise de chicane pour fairer alentir les automobilistes. Cet obstacle, positionné pour sécuriser la circulation, met fin à la trajectoire de la Clio et évite, selon une source policière, un drame potentiellement mortel pour les fonctionnaires. Les trois policiers, choqués mais conscients, bénéficient d’un suivi médical et psychologique après cette intervention à haut risque.
Le conducteur interpellé est un homme de 31 ans, domicilié dans le secteur, qui présentait un taux d’alcoolémie positif lors des premières vérifications. Il est placé en garde à vue au commissariat des Mureaux pour refus d’obtempérer aggravé, violences volontaires sur personnes dépositaires de l’autorité publique et conduite sous l’emprise de l’alcool, des qualifications pénales qui pourraient être requalifiées à l’issue de l’enquête. Les auditions, l’exploitation des caméras de vidéo-protection et les expertises techniques doivent permettre de confirmer le caractère volontaire de la manœuvre ayant blessé les policiers.
Dans ce type de dossier, la justice peut retenir la qualification de tentative d’homicide volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique lorsque la trajectoire et la vitesse du véhicule traduisent une intention de percuter. Les peines encourues peuvent se traduire en années de réclusion, en plus de lourdes sanctions liées à la conduite alcoolique et aux dégradations de véhicules.
À la suite de cet épisode, les représentants syndicaux des Yvelines dénoncent une « véritable tentatived’assassinat » et expriment leur solidarité avec les collègues blessés. Loïc Walder, délégué national UNSA Police, rappelle que les refus d’obtempérer « de plus en plus fréquents et violents constituent aujourd’hui l’une des menaces les plus graves » pour les forces de l’ordre sur la voie publique. Il appelle à renforcer les moyens juridiques et opérationnels afin de sécuriser les interventions routières, où quelques secondes peuvent faire basculer une situation.