
« Toi on va te voir aux Musiciens tu vas mourir. » Cette phrase choc et anonyme a été adressée en message privé le 13 février 2026 sur TikTok à Thibaud de Fleury-Fagnère, candidat aux élections municipales des Mureaux. Elle résume à elle seule le niveau de cette campagne minée par la violence numérique dans cette commune de 34 000 habitants des Yvelines.
Le candidat de la gauche citoyenne et solidaire estime que « ces menaces de mort n'existeraient pas forcément si le climat était sain. Les choses sont liées ». Il a la ferme intention de transmettre un signalement au procureur de la République pour « informer les autorités qu'il y a un souci dans cette campagne ».
Cette ambiance nauséabonde n'est pas nouvelle aux Mureaux. La campagne municipale de 2020 avait déjà été marquée par des rumeurs mensongères, des menaces et des attaques personnelles via de faux comptes sur les réseaux sociaux. Six ans plus tard, à l'approche des élections du 15 mars 2026, la situation semble se répéter avec la multiplication de profils anonymes sur Facebook.
Thibaud de Fleury-Fagnère dénonce des « pratiques mafieuses » ainsi que la diffusion de fausses informations. Ces faux comptes diffusent des extraits de conseils municipaux, des tribunes politiques, ainsi que des messages offensants visant certains candidats. En coulisses, beaucoup soupçonnent ces manœuvres d'être dirigées par certaines équipes pour affaiblir leurs adversaires. Pendant que les camps s'écharpent, le débat démocratique se retrouve pris en otage.
Au-delà des menaces virtuelles, la campagne se dégrade également dans l'espace public. Certains candidats se plaignent de voir leurs affiches dégradées ou déchirées. « Ces individus font tout pour nous dégoûter », confie Fatima Cuny. Elle estime que cette situation pourrait « rebuter certains à se lancer » dans la bataille électorale.
La détermination précise des auteurs de ces agissements s'avère ardue en raison de procédures complexes, selon une source policière. Cela est d'autant plus compliqué avec une entreprise affiliée à l'étranger comme Meta (maison-mère de Facebook).
Pas moins de sept candidats se sont déclarés pour briguer la mairie des Mureaux lors du scrutin des 15 et 22 mars 2026. François Garay, maire sortant n'a pas souhaité se représenter, lui qui en 2020 avait remporté le second tour avec 58,69% des voix face à Hervé Riou (27,39%) et Agnès Etendart (13,92%).
La France Insoumise a annoncé sa participation avec un programme de rupture, s'appuyant sur le succès de la candidate du Nouveau Front Populaire aux législatives 2024 qui avait remporté la ville avec 82,23% des suffrages. Cette forte mobilisation de l'électorat de gauche témoigne d'un enjeu politique majeur dans cette commune populaire.
Face à cette dérive, les candidats envisagent de rédiger une charte éthique et de bonne conduite pour assurer un débat respectueux et constructif lors de ces élections. Cette initiative vise à restaurer la confiance dans le processus démocratique et à permettre aux électeurs de faire leur choix sur la base de programmes politiques plutôt que de polémiques stériles.
Cette situation aux Mureaux s'inscrit dans un contexte national où les violences contre les élus se multiplient. En 2022, Boris Venon, ancien élu socialiste et deuxième adjoint au maire, avait démissionné après avoir subi 11 agressions en deux ans, dont des insultes racistes et homophobes, et des menaces de mort. Cette démission avait marqué les esprits et témoignait déjà d'un climat tendu dans la commune.