
La communauté d'agglomération Grand Paris Seine et Oise (GPS&O), qui regroupe 425 000 habitants répartis sur 73 communes des Yvelines, se positionne comme le nouveau territoire d'accueil des data centers en Île-de-France. L'intercommunalité compte actuellement six établissements et étudie trois nouveaux projets pour développer cette industrie numérique sur son territoire.
Cette dynamique s'explique par la saturation des départements voisins. « En Essonne et en Seine-et-Marne, les multiprises sont désormais pleines », ironise Pierre-Yves Dumoulin, vice-président délégué à l'aménagement de l'intercommunalité des Yvelines. Ces deux territoires cumulent aujourd'hui 62 centres de données selon l'Institut Paris Région, l'observatoire de l'urbanisme régional, qui dénombre 160 data centers en Île-de-France.
L'Essonne et la Seine-et-Marne incarnaient jusqu'alors un terrain de jeu idéal pour l'installation de data centers, notamment grâce à leur raccordement au réseau électrique et à la disponibilité de vastes terrains permettant de construire des bâtiments éloignés des zones d'habitation. Le campus DATA4 à Marcoussis en Essonne illustre cette tendance avec plus de 20 bâtiments dédiés aux salles de serveurs.
GPS&O souhaite reproduire ce modèle en misant sur la réhabilitation de ses friches industrielles. Cette stratégie vise à donner une nouvelle vie à des sites délaissés tout en attirant une industrie numérique en pleine croissance. L'intercommunalité bénéficie d'atouts similaires : disponibilité foncière, proximité avec les infrastructures énergétiques et coûts d'aménagement contrôlés.
Si le développement des data centers permet de revitaliser le tissu industriel local, l'intercommunalité ne nourrit toutefois pas d'espoir quant à des créations d'emplois significatives. Les centres de données, bien que stratégiques pour l'économie numérique, restent des infrastructures largement automatisées nécessitant peu de personnel d'exploitation une fois opérationnelles.
La région Île-de-France concentre environ un tiers de tous les data centers français et héberge la majorité des grandes infrastructures du pays. Cette concentration s'explique par la présence de pôles d'innovation, un tissu économique dense et un environnement attractif pour les entreprises du numérique. Toutefois, leur développement soulève des défis importants en termes de consommation énergétique et de pression foncière.
Dans les Yvelines, le groupe Altarea développe également NDC Vélizy, un data center urbain actuellement en cours de construction à Vélizy-Villacoublay. Avec une livraison prévue au deuxième semestre 2027, le site offrira 2 268 m² de surface IT et une puissance de 7 MW, avec une capacité d'accueil pouvant atteindre 1 152 baies. Ce projet illustre la diversité des initiatives dans le département pour répondre aux besoins croissants en infrastructures numériques.