
Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), le 3 mars 2026 — Cinq semaines d'audience, une salle comble et une tension palpable. La Cour d'assises spéciale de Paris a rendu son arrêt en appel dans le procès de l'assassinat de Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie décapité par un terroriste islamiste le 16 octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines.
Seule la peine du prédicateur islamiste Abdelhakim Sefrioui, 66 ans, a été confirmée en appel. Il est condamné à 15 ans d'emprisonnement pour association de malfaiteurs terroriste. La cour lui reproche d'avoir initié une campagne de haine en ligne contre l'enseignant. Son avocat, Me Vincent Brengarth, a annoncé un pourvoi en cassation, dénonçant un verdict « révoltant » selon lui à caractère « politique ».
Les peines des trois autres accusés ont en revanche été réduites par rapport à la première instance :
Pour ces deux derniers, la cour n'a pas retenu le caractère terroriste des faits. Ils avaient aidé le tueur, Abdoullakh Anzorov — tué par les policiers —, à se déplacer et à se procurer des armes, tout en affirmant ignorer son projet meurtrier.
Du côté des parties civiles, le verdict est « plutôt bien accueilli ». L'avocate des parents et d'une sœur de Samuel Paty, Virginie Le Roy, salue une « jurisprudence innovante » et estime que « la famille Paty a été entendue, et c'est cela qui compte ».
Le mensonge de la collégienne — qui n'avait en réalité pas assisté au cours lors duquel Samuel Paty avait montré des caricatures du prophète Mahomet — reste au cœur du dossier comme le point de départ de la cabale numérique qui a coûté la vie à l'enseignant.