
C'est une bonne nouvelle pour le million de voyageurs quotidiens du RER B : le tout nouveau train MI20 a été officiellement dévoilé le 7 mai 2026 sur le site Alstom de Crespin, dans les Hauts-de-France. Première rame assemblée, premier roulage réalisé : la modernisation de la deuxième ligne la plus fréquentée d'Europe, après le RER A, est lancée. Pour les Yvelinois de la branche sud, qui empruntent chaque jour la vallée de Chevreuse jusqu'au terminus de Saint-Rémy-lès-Chevreuse, la promesse est belle. Mais elle n'est pas pour tout de suite.
Au total, 146 trains neufs ont été commandés par Île-de-France Mobilités, pour un investissement de 2,5 milliards d'euros. Ils remplaceront progressivement les rames MI79, mises en service à partir de 1980, et les MI84, à bout de souffle. Le MI20 a été conçu par le consortium Alstom/CAF : le contrat, remporté en 2020 par Bombardier, est revenu à Alstom après le rachat de ce dernier. À la date du dévoilement, 10 trains étaient déjà en production et les essais dynamiques sur le point de démarrer, selon Île-de-France Mobilités.
Le changement sera concret pour les habitants de Saint-Rémy, Saint-Lambert, Courcelle ou Gif qui prennent le RER chaque matin. Chaque rame pourra accueillir 1 063 voyageurs, soit jusqu'à 35 % de capacité supplémentaire par rapport à aujourd'hui. Le nombre de places assises grimpe à 342 (+22 %), dont 90 prioritaires et 4 emplacements pour fauteuils roulants. Avec sept voitures courtes au lieu de quatre longues, et 14 portes par face, les montées et descentes seront plus fluides aux heures de pointe.
Les nouvelles rames seront 100 % accessibles et entièrement climatisées, deux nouveautés très attendues sur une ligne où les étés sont devenus pénibles. Plus larges de 20 centimètres (3 mètres au total), elles embarquent 92 prises USB-C doubles, 44 caméras de vidéoprotection en temps réel (+50 %) et 25 % de matériaux recyclés, selon Alstom et Île-de-France Mobilités. Un saut générationnel pour un parc dont certaines rames roulent depuis plus de quarante ans.
C'est là que la bonne nouvelle se nuance. L'objectif officiel d'une première circulation commerciale est fixé à fin 2028, soit environ trois ans après la date initialement prévue. Et un rapport d'expertise indépendant, mené par la RATP, SNCF Voyageurs et Île-de-France Mobilités, évoque même un scénario au 2nd semestre 2029, selon l'AFP. « Le calendrier de livraison a pu être resserré, après les retards initiaux », assure Île-de-France Mobilités dans son communiqué du 7 mai 2026. La présidente Valérie Pécresse a, elle, dénoncé ces retards et évoqué un système de pénalités « dans une logique de bonus-malus » pour Alstom.
Après les essais, la cadence de livraison visée sera de 3 à 4 rames par mois, selon l'AFP. Mais aucune date précise n'a été communiquée pour le déploiement sur la branche sud et le terminus de Saint-Rémy-lès-Chevreuse : les premières rames neuves circuleront d'abord sur l'ensemble du réseau, sans priorité annoncée pour la vallée de Chevreuse. Le gain de régularité attendu, lui non plus, n'a pas été chiffré. Ce projet s'inscrit dans un plan global de près de 5 milliards d'euros, incluant le pilotage automatique NExTEO. Pour les usagers yvelinois, la modernisation est en marche : il faudra simplement patienter, sans doute jusqu'en 2029, pour en profiter au quotidien. À surveiller dans les prochains mois : le calendrier précis de déploiement sur la branche sud. Pour les alternatives en attendant, voir aussi le covoiturage dans les Yvelines et l'ensemble de nos articles Transports.