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Yvelines : le tribunal valide le pont d'Achères, les opposants envisagent l'appel

Le tribunal administratif de Versailles a rejeté le 31 mars 2026 le dernier recours des opposants au pont d'Achères. Le Département se félicite, les associations ne désarment pas.
Photo : Conseil Départemental des Yvelines
Photo : Conseil Départemental des Yvelines
Date de publication:
4/4/2026
Dernière modification:
4/4/2026

Un recours rejeté sur toute la ligne

C'est un revers judiciaire significatif pour les opposants au projet. Le tribunal administratif de Versailles a rejeté, le mardi 31 mars 2026, le recours formé en novembre 2023 par l'association Non au Pont d'Achères — au nom de plusieurs collectifs, dont le Copra 184 et l'Adiv — contre l'autorisation environnementale délivrée le 3 juillet 2023 par le préfet des Yvelines au Département.

Les associations contestaient notamment l'existence d'une raison impérative d'intérêt public majeur justifiant le projet, estimant que la nécessité de désengorger le pont de Poissy n'était pas suffisamment établie. Elles dénonçaient également l'absence de prise en compte de quinze espèces protégées dans la demande de dérogation, dont l'Œdicnème criard.

La justice valide l'intérêt public du projet

Le tribunal a balayé ces arguments. Sur le fond, il a estimé que le projet permettra de désengorger un secteur soumis à un développement urbain important, de réduire les temps de transport entre les deux rives de la Seine, de désenclaver la boucle de Chanteloup et de faciliter la réalisation du tramway 13, mode alternatif au transport routier. Le projet répond donc, selon la juridiction, à une raison d'intérêt public majeur.

Sur la question des espèces protégées, le tribunal a jugé que la présence de l'Œdicnème criard dans la zone du projet n'était pas établie, et que le rapport du naturaliste Piéchaud de 2023, sur lequel s'appuyaient les associations, ne permettait pas de caractériser avec une précision suffisante la présence des autres espèces concernées, ni le risque que le projet leur ferait courir.

Le Département savoure sa victoire judiciaire

Sans surprise, le Département des Yvelines a accueilli la décision avec satisfaction. Dans un communiqué publié le 3 avril 2026, le président Pierre Bédier a salué une reconnaissance claire de la pertinence et de la nécessité du projet pour les Yvelinois, ainsi que de l'engagement du Département en faveur du patrimoine naturel. Il a réaffirmé sa volonté de poursuivre la mise en œuvre du projet avec détermination, soulignant que la décision valide également la vision globale des mobilités dans ce secteur, articulant transports automobiles, transports en commun et mobilités douces.

Un projet contesté depuis une vingtaine d'années

Dans les cartons depuis deux décennies et déclaré d'utilité publique en février 2013, le pont d'Achères — liaison routière entre la RD30 et la RD190 — est évalué entre 160 et 200 millions d'euros selon les sources. Il prévoit la construction d'un viaduc d'environ 760 mètres de long et 23 mètres de large, ainsi que l'aménagement de 6 kilomètres de voiries.

L'opposition au projet reste vive. Une pétition lancée fin 2023 a recueilli plus de 16 000 signatures. En septembre 2025, le maire de Triel-sur-Seine Cédric Aoun avait refusé de céder des chemins prévus dans le tracé, après l'abattage d'une centaine d'arbres sur sa commune.

Les opposants pourraient faire appel

Si la décision du tribunal constitue un coup dur pour les associations, la partie n'est pas nécessairement terminée. Ces dernières conservent en effet la possibilité de former un appel devant la cour administrative d'appel. Une option qu'elles n'ont, à ce stade, pas écartée.

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