
C'est un rapport sans concession que la direction départementale de la protection des populations (DDPP) a remis à la préfecture des Yvelines à l'issue de son inspection du 31 mars 2026 dans la boulangerie Baguette Éclair, située au 20, rue des Chantiers à Versailles. Dès le lendemain, le mercredi 1er avril, la préfecture a ordonné la fermeture immédiate et sans délai de l'établissement, sans possibilité d'échanges contradictoires préalables, en raison d'un danger grave pour les consommateurs.
Le tableau dressé par les agents de la DDPP est particulièrement sévère. L'arrêté préfectoral fait état de couches de moisissures dégageant une forte odeur, de denrées impropres à la consommation — boîtes de harissa moisi, oignons germés, concentré de tomates avarié — et, plus grave encore, de la présence de cafards morts dans les zones de production. Les locaux sont décrits comme encombrés, sales et mal entretenus, à l'image du matériel et des équipements utilisés.
Au-delà des problèmes visibles, le rapport pointe des dysfonctionnements profonds dans la gestion quotidienne de l'établissement. Aucun contrôle n'est réalisé à réception des denrées, certaines sont conservées à des températures inadéquates et leur traçabilité est mal assurée. Le processus de décongélation est jugé non maîtrisé, la gestion des déchets insatisfaisante et le dispositif de lavage des mains inadapté. Les agents soulignent également une insuffisance de formation du personnel, favorisant la contamination bactériologique, physique et chimique des aliments.
La fermeture ne semble pas avoir stupéfait les habitués du quartier. Un riverain découvrant l'arrêté préfectoral affiché sur la vitrine a simplement déclaré que c'était « enfin » arrivé, estimant l'endroit sale. Les avis laissés sur Internet confirment ce sentiment : plusieurs clients y évoquent des viennoiseries moisies, des baguettes tradition insuffisamment décongelées et des sandwichs au goût de pain congelé avec des crudités encore givrées.
La boulangerie, injoignable au moment de la publication de cet article, ne pourra rouvrir ses portes qu'après avoir procédé à une mise en conformité complète sur l'ensemble des points relevés par les agents et après un nouveau contrôle concluant des services de la préfecture des Yvelines.