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« J'ai passé plusieurs jours à pleurer après ça. Et pourtant, j'en ai vu. Je suis infirmière aux urgences depuis dix ans », a témoigné une soignante lors d'une récente comparution immédiate devant le tribunal de Versailles. Un homme de 31 ans était jugé pour conduite en état d'ivresse et pour avoir frappé et insulté la professionnelle de santé à l'hôpital de Poissy le samedi 17 janvier 2026.
Le mis en cause a été condamné à 18 mois de prison, dont un an ferme qu'il purgera en semi-liberté, et à l'annulation de son permis de conduire. Il devra aussi dédommager sa victime à hauteur de 2 000 €. Le trentenaire avait été conduit à l'hôpital après avoir été arrêté au volant de sa voiture, sans assurance et dans un état d'alcoolisation avancé. Il ne lui restait par ailleurs plus de points sur son permis.
Le jour des faits, le mis en cause avait injurié les soignants de l'hôpital et essayé de cracher sur eux et sur les secouristes. « Je veux m'excuser. Je ne suis pas quelqu'un qui frappe les femmes, a-t-il affirmé. Et encore moins une infirmière qui vient prendre soin de moi. »
L'avant-veille, l'automobiliste, déjà en état d'ébriété, avait été intercepté sur une autoroute des Yvelines où il roulait en pleine nuit sans avoir allumé ses feux. Ces deux arrestations en deux jours témoignent d'un comportement particulièrement récidiviste et dangereux pour autrui.
L'infirmière des urgences de Poissy, qui travaille dans un service particulièrement exposé aux violences, a été profondément choquée par cette agression. Malgré dix ans d'expérience dans un environnement à haut risque, cet incident l'a marquée au point de provoquer des pleurs pendant plusieurs jours.
Les soignants des urgences, en première ligne face aux situations extrêmes, sont particulièrement vulnérables aux agressions de patients sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants. L'hôpital de Poissy, comme de nombreux établissements franciliens, déplore régulièrement ce type d'incidents qui mettent en danger le personnel soignant.
Le profil du prévenu est particulièrement préoccupant : conduite en état d'ivresse, sans assurance, sans points sur le permis, et récidive en 48 heures. Cette accumulation d'infractions routières graves témoigne d'un mépris total des règles de sécurité et d'un danger public manifeste.
L'annulation de son permis de conduire constitue une mesure de protection indispensable pour la sécurité routière. La semi-liberté prononcée pour l'année ferme permet un contrôle renforcé tout en évitant la surpopulation carcérale, mais impose une discipline stricte au condamné.
Cette condamnation s'inscrit dans une politique judiciaire ferme face aux violences commises contre les soignants. Les personnels hospitaliers bénéficient d'une protection particulière depuis l'adoption de la loi visant à protéger les agents publics exerçant des missions de service public, adoptée en août 2021.
Les 2 000 € de dommages et intérêts prononcés visent à réparer le préjudice moral subi par la victime. Cette décision rappelle que les soignants, qui sauvent des vies au quotidien, ne doivent pas devenir les victimes collatérales des comportements irresponsables.