
Au cœur de cette affaire, deux agents du centre technique municipal de Mantes-la-Jolie, suspendus depuis quatre mois. L'un d'entre eux fait l'objet d'une plainte au pénal pour vol : il aurait détourné à son profit des matériaux destinés à des travaux de voirie. Le butin a depuis été récupéré. Les faits sont, selon le maire lui-même, « caractérisés, documentés et ne souffrent d'aucune ambiguïté ». Un conseil de discipline est prévu en mai 2026.
C'est lors du conseil municipal du 20 avril 2026 que l'affaire a éclaté sur la place publique. Le conseiller d'opposition Aymeric Capmarty a interpellé la nouvelle majorité sur ce qu'il qualifie de climate délétère dans les services, et notamment sur la décision du maire Adama Gaye de procéder à une réintégration temporaire des deux agents, une mesure qui aurait selon lui été « vécue comme une injustice par les collègues » des mis en cause.
Face aux critiques, le maire a tenu à clarifier sa position : cette réintégration ne vaut en rien exonération, les faits étant pleinement reconnus par les intéressés, qui ont présenté des excuses formelles à leurs collègues et à leur hiérarchie. Adama Gaye a néanmoins fait le choix de ne pas prolonger la suspension jusqu'au conseil de discipline, estimant qu'il n'était pas juste de priver des agents et des pères de famille de revenus pendant quatre mois avant même qu'ils aient été jugés.
La justification du maire soulève toutefois une question factuelle. Adama Gaye a invoqué la privation du régime indemnitaire des deux agents pour motiver sa décision, évoquant une forme de « double peine ». Selon les informations de 78actu, les mis en cause n'auraient pourtant pas été suspendus de salaire durant ces quatre mois, ce qui relativise cet argument.
Loin de se laisser mettre en difficulté, Adama Gaye a retourné les critiques contre son opposition, lui reprochant de ne pas avoir traité ce dossier avec la même diligence lorsqu'elle était aux commandes. Selon lui, c'est l'inaction de l'ancienne majorité qui aurait laissé traîner l'affaire, quand la nouvelle équipe a agi en trois semaines. Un échange vif qui illustre les tensions persistantes entre la nouvelle majorité et ses opposants au sein du conseil municipal mantais.