
À moins d'un mois des premiers résultats de Parcoursup, 70 élèves de deux classes du lycée Saint-Exupéry de Mantes-la-Jolie se retrouvent dans une situation kafkaïenne. Une partie de leurs notes et appréciations n'a pas été transmise à la plateforme nationale d'orientation vers l'enseignement supérieur. L'établissement aurait tout simplement oublié de les envoyer. Conséquence directe : les moyennes affichées sur Parcoursup sont faussées, désavantageant ces élèves par rapport aux autres candidats à l'échelle nationale. Certaines formations risquent de leur être refusées sur la base de ces données incomplètes.
Le timing est particulièrement cruel. Ces lycéens se destinent majoritairement à des formations médicales ou paramédicales, et les notes absentes sont précisément celles de physique et chimie, matière clé dans ces filières. Une lycéenne témoigne que sans ces appréciations, ses choix de BTS en biologie médicale ou bio-analyse sont compromis. Un parent décrit la moyenne de son fils en physique passée de 16 à 13 en raison des données manquantes — et rappelle que les centres de formation regardent les appréciations en priorité.
Le comble de l'affaire : l'administration a été prévenue rapidement après la découverte de l'erreur. Une correction aurait été possible si elle avait réagi immédiatement. Mais depuis, les élèves et leurs familles ont été renvoyés de service en service sans réponse satisfaisante. Parcoursup, contacté directement, a opposé une fin de non-recevoir : les candidatures étant officiellement closes, il est techniquement impossible d'enregistrer de nouvelles notes dans le système.
Face à l'impasse, la direction du lycée aurait suggéré d'envoyer directement les dossiers des élèves aux centres de formation. Une démarche immédiatement qualifiée d'illégale par le représentant des élèves au conseil d'administration, Adam Baddouh : elle romprait l'anonymat des candidats dans Parcoursup, principe fondamental de la plateforme. Il soulève également une question d'équité, se demandant si la situation serait traitée avec la même désinvolture pour des élèves d'établissements plus prestigieux.
Acculés, les élèves et leurs familles ont décidé de saisir la justice administrative. Un référé doit être déposé dans les prochains jours devant le tribunal administratif de Versailles, pour contraindre le rectorat et le lycée à mettre à jour les dossiers avant la publication des premiers résultats. La requête souligne que le préjudice sera irréparable dès la publication des premières réponses si la situation n'est pas régularisée en urgence.
Du côté de l'Éducation nationale, la direction académique indique que les établissements d'enseignement supérieur concernés ont été contactés et qu'un fichier complet et actualisé des bulletins leur a été transmis directement — une réponse qui ne convainc pas les familles, pour qui seule une mise à jour officielle sur Parcoursup permettrait de rétablir l'égalité de traitement.