Arthur Dehaene est depuis début avril le maire de Maisons-Laffitte. Enfant de la ville, énarque de formation, il a exercé comme directeur général de l'Institut de France avant de se lancer en politique locale. Il n'est pas un inconnu des coulisses de la mairie : il a siégé comme adjoint au maire sortant Jacques Myard pendant la quasi-totalité du dernier mandat, avant de rompre avec lui à quelques mois des élections.
Dans les résultats officiels du ministère de l'Intérieur, Arthur Dehaene est classé Divers Droite (DVD). Cette étiquette désigne les candidats de droite qui n'affichent l'affiliation d'aucun parti national — ni LR, ni Renaissance, ni Rassemblement national. Pour Dehaene, ce positionnement est le fruit d'une rupture assumée.
En juin 2024, Jacques Myard s'était présenté aux élections législatives sous étiquette RN-LR, dans le cadre de l'alliance Ciotti. Dehaene, encore adjoint à l'époque, avait participé à sa campagne. Myard avait été sèchement battu par Yaël Braun-Pivet (25,82 % contre 55,48 %). Quelques mois plus tard, Dehaene prenait ses distances, démissionnait de la majorité et constituait sa propre liste sous l'étiquette DVD — lui permettant de se présenter en candidat purement local, sans l'encombrement politique du camp Myard.
Arrivé en tête du premier tour le 29 mars avec 33 % des suffrages, devant Franck Lelièvre — candidat soutenu par Myard sous étiquette LR avec 30,57 % —, Dehaene a confirmé sa domination le 5 avril. Sa liste Maisons-Laffitte Notre Ville a recueilli 44,77 % des voix, contre 35,23 % pour Lelièvre, 13,88 % pour Nicolas Ljubenovic (gauche unie) et 6,12 % pour Valérie Singer. La prime majoritaire lui confère 26 sièges sur 35 au conseil municipal. Les 9 sièges d'opposition se répartissent entre les trois listes : 6 pour Lelièvre, 2 pour Ljubenovic, 1 pour Singer.
L'engagement le plus emblématique d'Arthur Dehaene concerne le hippodrome de Maisons-Laffitte, dont l'activité de courses a été progressivement réduite ces dernières années au grand dam des habitants. Il s'est fixé un objectif précis : obtenir la reprise des courses hippiques d'ici 2028, avec un calendrier initial de 10 jours de courses par an. Pour y parvenir, il entend peser de tout son réseau de haut fonctionnaire auprès de France Galop et des instances de la filière équine, dont les décisions se prennent loin de la mairie.
Deuxième axe : la sécurité. Le nouveau maire a fait campagne sur la création d'un commissariat de police nationale renforcé à Maisons-Laffitte, estimant que les effectifs actuels sont insuffisants. Il compte mobiliser son carnet d'adresses au sein de l'administration centrale pour obtenir les moyens nécessaires du ministère de l'Intérieur — un levier que peu de maires de communes de cette taille peuvent activer.
Sur l'urbanisme, Arthur Dehaene adopte une ligne claire : il refuse l'objectif de 25 % de logements sociaux imposé par la loi SRU. Atteindre ce seuil contraindrait Maisons-Laffitte à construire quelque 3 500 logements supplémentaires, une perspective que les habitants « rejettent massivement », selon lui. Le nouveau maire entend protéger le cadre de vie exceptionnel de la ville — ses villas, son tissu pavillonnaire, la proximité de la forêt — contre une densification qu'il juge incompatible avec l'identité mansonnienne. Une position qui pourrait l'exposer à des contentieux juridiques avec l'État, mais qu'il assume.
Dans les cercles politiques locaux, l'ambition d'Arthur Dehaene ne s'arrêterait pas à l'hôtel de ville. Plusieurs sources concordantes évoquent son intention de se présenter aux élections législatives de 2027, très probablement dans une circonscription où Yaël Braun-Pivet — présidente de l'Assemblée nationale — reste la favorite. Un pari risqué face à une personnalité nationale de premier plan, mais cohérent avec un parcours qui mêle ambition institutionnelle et ancrage local. Pour l'heure, le nouveau maire dit concentrer toute son énergie sur Maisons-Laffitte. La suite appartient au calendrier.