
Lors du conseil municipal du 14 avril 2026, la ville de Guyancourt a voté la vente de l'ancienne école maternelle Eugénie Cotton, inoccupée depuis dix ans dans le quartier du Parc, au promoteur Imodev pour 1,040 million d'euros. Sur ce terrain de 2 500 m², l'opérateur prévoit d'ériger un bâtiment de huit étages comprenant une maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) de 14 cabinets au rez-de-chaussée, et une résidence étudiante de 230 logements dans les étages. Un projet que le maire François Morton défend comme une opportunité à ne pas laisser passer face à la désertification médicale qui frappe plusieurs quartiers de la commune.
Deux voix de l'opposition se sont élevées contre ce projet. D'abord l'élu Rodolphe Barry (divers centre), qui lors du conseil municipal avait déploré n'avoir reçu que le minimum d'informations sur un projet jamais évoqué en commission urbanisme en six ans. Puis l'Union populaire et écologique à Guyancourt (UPEG), liste de gauche menée par Sébastien Ramage (LFI) lors des dernières municipales, qui conteste à la fois la méthode et le fond.
Pour Sébastien Ramage, beaucoup d'habitants du quartier du Parc — déjà le plus dense de Guyancourt — ignorent l'existence même de ce projet. Il demande la suspension de la vente, le temps d'organiser une véritable concertation avec les riverains.
Sur le fond, l'UPEG s'oppose à la cession d'un bien communal à un acteur privé, estimant que cela affaiblit le patrimoine public de la Ville sans offrir de garanties suffisantes. Concernant la maison de santé, aucune certitude n'existe sur les tarifs pratiqués par les futurs médecins, leur nombre ou leurs spécialités. Quant à la résidence étudiante, l'UPEG regrette qu'elle ne soit pas portée par le Crous, qui propose des loyers de 300 à 400 € mensuels, plutôt que par un opérateur privé dont les loyers avoisineront 600 € par mois avant aide personnalisée au logement. Rien ne garantit non plus, selon l'opposition, que le bâtiment reste une résidence étudiante sur le long terme. Une pétition en ligne a été lancée par l'UPEG, qui a récolté une soixantaine de signatures à ce stade.
François Morton balaie ces critiques. Il rappelle l'urgence de la situation médicale dans plusieurs quartiers, où les généralistes et spécialistes ont massivement quitté le territoire. Il reconnaît préférer des loyers moins élevés pour la résidence étudiante, mais souligne l'absence de proposition concrète du Crous — dont une seule des cinq résidences étudiantes de Guyancourt est aujourd'hui gérée. Il assure par ailleurs disposer d'un droit de regard sur les futurs praticiens de la maison de santé. Une communication vers les riverains est prévue une fois le permis de construire déposé par le promoteur, moment auquel des ajustements pourront encore être apportés au projet.