
L'enquête ouverte par le parquet de Versailles après la collision de samedi dernier entre un jeune motard de 20 ans et une voiture de gendarmerie à Ecquevilly progresse. Si les circonstances exactes du choc restent à établir officiellement, les enquêteurs disposent désormais d'une pièce déterminante : les images de vidéosurveillance de la ville, qui couvrent précisément l'intersection où s'est produit l'accident.
D'après nos informations, le carrefour formé par l'intersection de la D113et de la D43, au niveau du rond-point depuis lequel le jeune homme s'engageait, est couvert par le système de vidéo protection de la commune. Les enquêteurs ont donc en leur possession les images des faits et seront en mesure d'établir sans contestation possible le déroulement exact de la collision : la vitesse des véhicules, leur trajectoire respective, et la question cruciale d'une éventuelle poursuite préalable par les gendarmes. Cette vidéo devrait permettre de clore tout débat sur les responsabilités.
Ce point est particulièrement important dans un contexte où deux versions circulent. D'un côté, des sources proches des forces de l'ordre indiquent que le jeune homme se livrait à du rodéo urbain au moment des faits et qu'il a percuté le véhicule de gendarmerie de plein fouet en sens inverse. De l'autre, des proches du motard ont contesté cette version dans les heures suivant l'accident, alimentant les tensions qui ont conduit aux violences urbaines du samedi au dimanche puis de manière plus ponctuelle dans la nuit suivante dans une ville totalement quadrillée par les gendarmes.
Le jeune homme de 20 ans, qui ne portait à priori ni casque ni équipement de protection au moment du choc, se trouve toujours hospitalisé dans unétablissement parisien. L'absence de casque a, selon les sources médicales,considérablement aggravé la nature et la gravité de ses blessures crâniennes.
La gendarme conductrice du véhicule avait été placée en garde à vue le soir des faits, une procédure systématique dans ce type d'accident impliquant les forces de l'ordre. Elle a depuis été relâchée, le parquet de Versailles précisant que la mesure a été «levée compte tenu de ses déclarations concordantes avec lesconstatations faites sur place». Les images de vidéosurveillance devraientdéfinitivement confirmer ou infirmer la cohérence de ces déclarations.
Un dispositif sécuritaire renforcé reste déployé dans le secteurjusqu'à la fin de la semaine, en raison des violences qui ont suivi la collision : incendies de véhicules à Ecquevilly et guet-apens contre un policier de la BAC des Mureaux dans la nuit du 26 au 27 avril sans qu'un lien soit formellement établi avec cette agression.