
Aubergenville (Yvelines), le 20 mars 2026. À l'école maternelle Reine Astrid d'Aubergenville, des semaines se suivent et se ressemblent dans les classes de moyenne et grande section : pas de maîtresse le jeudi, pas de maîtresse le vendredi. La raison ? Un manque de professeurs titulaires que l'Académie de Versailles peine à combler.
Habiba ne décolère pas. Son fils scolarisé en classe de moyenne-grande section n'a un enseignant que le lundi et le mardi. Le jeudi, les enfants sont répartis dans les classes de petite section pour y passer la journée à faire des puzzles, du dessin et du coloriage. « Ils font du coloriage toute la journée », résume-t-elle, atterrée. Une situation qui dépasse le simple désagrément : les élèves de grande section, en pleine préparation à l'entrée au CP, sont particulièrement exposés au retard pédagogique.
Le vendredi, la situation empire. Sans enseignant disponible, certains parents gardent leurs enfants à la maison. Habiba, en télétravail, n'a d'autre choix que de faire elle-même classe à son fils. « Ce n'est pas pareil », reconnaît-elle. Et les effets psychologiques se font sentir : « Quand il sait qu'il n'y a pas de maîtresse, il ne veut pas aller à l'école. Les enfants sont agacés. »
Face à l'inaction perçue, les parents ont lancé une pétition en ligne sur Change.org pour exiger le remplacement des enseignants absents. Elle a déjà recueilli plus de 200 signatures ce 20 mars 2026. L'Académie de Versailles assure de son côté que la situation est en voie de rétablissement, sans préciser le calendrier de retour à la normale. Un discours qui peine à convaincre les familles.
La situation à Reine Astrid n'est pas un cas isolé. Selon les derniers chiffres officiels de juin 2025, seulement 56,9% des remplacements d'enseignants étaient assurés dans les Yvelines. L'académie de Versailles figure parmi les plus touchées par la pénurie nationale de professeurs des écoles, une tendance aggravée par la suppression programmée de 4 000 postes d'enseignants à la rentrée 2026. Pour les familles d'Aubergenville, c'est une réalité qui se vit, classe après classe, jour après jour.