
Depuis la nuit du 24 au 25 mars 2026, les usagers de la N184 — axe majeur du nord des Yvelines emprunté chaque jour par près de 80 000 véhicules — subissent de fortes perturbations. Un poids lourd a percuté l'un des piliers de soutènement du pont enjambant les voies ferrées à la gare d'Achères-Grand-Cormier, fragilisant sérieusement cet ouvrage d'art vieux de 90 ans. Depuis l'accident, la circulation est alternée dans le sens Conflans-Sainte-Honorine — Saint-Germain-en-Laye, régulée par des feux tricolores, avec une vitesse limitée à 50 km/h et les poids lourds de plus de 25 tonnes interdits. Résultat : de longues files d'attente aux heures de pointe, notamment dans la traversée de la forêt de Saint-Germain-en-Laye.
Un mois après l'accident, la préfecture des Yvelines a annoncé ce vendredi 24 avril le lancement des travaux de confortement du pont, sous le contrôle de la DiRIF (Direction des routes d'Île-de-France). Le démarrage du chantier est fixé au lundi 27 avril 2026, avec une réouverture à la circulation dans les deux sens espérée pour la semaine du 18 mai. La durée des études préalables — un mois entier — s'explique notamment par la présence des lignes SNCF sous l'ouvrage, qui complexifie les interventions.
Des fermetures nocturnes de la N184 sont à prévoir selon l'avancement du chantier. Les usagers sont d'ores et déjà invités à éviter cet axe et à emprunter des itinéraires alternatifs.
Sur le terrain comme sur les réseaux sociaux, l'exaspération des usagers est palpable. Certains évitent désormais de se rendre à Saint-Germain-en-Laye ou Maisons-Laffitte, tandis que d'autres s'interrogent sur l'efficacité des panneaux d'interdiction aux poids lourds, certains semblant toujours passer malgré la signalisation.
Cet accident remet sur le devant de la scène un vieux débat : celui du bouclage de la Francilienne, tronçon de l'A104 censé relier Méry-sur-Oise à Orgeval depuis plus de cinquante ans. Validé en 2006 par le ministre des Transports de l'époque, le projet a été mis en sommeil face à une opposition locale forte. Il reste officiellement repoussé à l'horizon 2030, sans garantie de concrétisation.