
Le jeudi 16 avril 2026, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot s'est rendu au château de Rambouillet pour dévoiler la plaque du label « Patrimoine et Diplomatie », désormais visible à l'entrée du monument. Lancé l'an dernier par le Quai d'Orsay, ce label a pour vocation d'identifier et de mettre en valeur les sites ayant accueilli des événements diplomatiques majeurs qui ont marqué l'Histoire. Le château de Rambouillet rejoint ainsi 14 autres sites labellisés en métropole et outre-mer, parmi lesquels la Bibliothèque Choiseul à Versailles, le château de Chambord, le palais des festivals à Cannes ou encore l'île des Faisans à Hendaye.
Le château de Rambouillet occupe une place à part dans l'histoire diplomatique française. Lieu royal, impérial puis présidentiel, il a accueilli au fil des siècles une centaine de rencontres diplomatiques. Mais sa consécration internationale reste la naissance, en 1975, du premier G6 — devenu G7 l'année suivante avec l'intégration du Canada. C'est en effet à Rambouillet que Valéry Giscard d'Estaing avait réuni ses homologues pour trouver des réponses collectives aux premiers chocs pétroliers et à la crise économique mondiale.
Pour Jean-Noël Barrot, cette histoire résonne encore aujourd'hui : cinquante ans après, l'esprit de Rambouillet — celui de dirigeants réunis au coin du feu, sans barrières protocolaires, pour imaginer ensemble des solutions — continue de rayonner.
Pour Gérard Larcher, président du Sénat et ancien maire de Rambouillet de 1983 à 2014, cette distinction ne fait que rendre justice à ce que le château représente. Selon lui, Rambouillet offre un équilibre rare entre majesté et intimité, propice aux échanges personnels entre dirigeants, loin de la pompe excessive d'autres palais. Il estime d'ailleurs que les jardins mériteraient le même label, tant ils font partie intégrante de l'âme du lieu.
Ancien maire, il a personnellement accueilli de nombreux chefs d'État. Il garde notamment le souvenir de la réception de Nelson Mandela par Jacques Chirac en 1996 — «l'un des souvenirs les plus forts de ma vie politique» — ou encore de la conférence de paix sur le Kosovo en 1999, et du passage de Vladimir Poutine en 2009.
Propriété du Centre des monuments nationaux depuis 2018, le château n'est plus un palais de la République. Il développe depuis une riche programmation culturelle, en mettant l'accent sur son histoire présidentielle. En juin 2026, les appartements de Valéry Giscard d'Estaing, remis en état d'origine, seront présentés au public pour la première fois.
Porté par un comité bénévole d'historiens et de diplomates, le label « Patrimoine et Diplomatie » a vocation à s'élargir progressivement, à raison d'environ cinq nouveaux sites par an. Toute personne peut soumettre une proposition via le site du ministère des Affaires étrangères, à condition que le site soit encore visitable et qu'un événement diplomatique majeur s'y soit déroulé.