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Buchelay : une semaine de grève chez Linxens contre la violence managériale et la régression sociale

Près de 100 salariés de l'usine Linxens de Buchelay sont en grève depuis le 16 avril 2026. Ils dénoncent une dégradation des conditions de travail depuis le rachat du site par un groupe chinois en 2018.
Photo d'illustration - InfosYvelines
Photo d'illustration - InfosYvelines
Date de publication:
25/4/2026
Dernière modification:
25/4/2026

Cent salariés en grève, jour et nuit

Depuis le 16 avril 2026, près de 100 salariés sur les 188 que compte l'usine Linxens de Buchelay — spécialisée dans la fabrication de connecteurs pour cartes à puce — ont cessé le travail. Les grévistes se relaient nuit et jour, campant dans une camionnette à l'entrée du site pour s'assurer qu'aucune production ne sorte de l'usine. Une mobilisation totale, qui illustre l'ampleur de la colère accumulée au fil des années.

Depuis le rachat par un groupe d'État chinois, une dégradation méthodique

Le malaise remonte au rachat de Linxens en 2018 par le groupe chinois Tsinghua Unigroup, entreprise d'État spécialisée dans les semi-conducteurs. Depuis lors, les représentants du personnel dénoncent une attaque méthodique des acquis sociaux. En août 2025, pas moins de 45 salariés avaient quitté l'usine dans le cadre d'une rupture conventionnelle collective (RCC). La pression s'est ensuite accentuée sur ceux qui sont restés. La direction chercherait à imposer la polyvalence forcée et la modulation horaire, et envisagerait de dénoncer l'accord sur la réduction du temps de travail.

L'ambiance délétère est résumée, à sa façon, par un détail révélateur : la directrice des ressources humaines se présentait sur l'intranet de l'entreprise sous l'intitulé « killer, human resources ». La mention a depuis été effacée.

Des risques psychosociaux alarmants

L'intersyndicale CGT-CFDT-FO-Solidaires tire la sonnette d'alarme sur les risques psychosociaux, qui auraient explosé dans l'usine. Elle évoque des tentatives de suicide dans les vestiaires. Une banderole accrochée aux grilles du site résume en un mot le ressenti des salariés : « Burn-out ».

Des ouvriers témoignent pourtant de leur attachement à ce site créé il y a 37 ans : lors d'un incendie des tours de lavage, tous avaient mis la main à la pâte pour relancer la production dans les plus brefs délais. En retour, ils estiment n'avoir eu droit qu'à une pression croissante et à un sous-investissement inquiétant, illustré par la mise sous-employée du service recherche et développement, autrefois fleuron de Linxens à Buchelay. Une salariée rapporte même avoir été envoyée former à Singapour les ouvriers d'une autre usine du groupe, qui sert aujourd'hui des clients européens.

Trois revendications claires

Les grévistes posent trois conditions à la reprise du travail : l'abandon des projets de régression sociale, le versement d'une prime de 2 000 € net par salarié et des garanties claires sur l'emploi local.

Les négociations dans l'impasse

Les discussions entre la direction française et les délégués syndicaux se sont achevées dans la nuit du jeudi 23 avril 2026 à 23 h sans aboutir à un accord. Contactée par 78actu, la direction se dit néanmoins « ouverte à la négociation », assurant que ses priorités sont la sécurité des employés, la continuité des activités et la préparation d'une reprise dans un esprit de dialogue. Les salariés, eux, attendent des actes concrets.

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