
Île-de-France, le 3 mars 2026 — C'est un record que l'Urssaf Île-de-France ne cherche pas à minimiser. En 2025, l'organisme de contrôle a atteint un niveau historique de redressements, avec 819,8 millions d'euros récupérés, en hausse de 41% par rapport à 2024. Un montant deux fois supérieur à celui de 2022, et près de trois fois plus élevé qu'en 2020. Plus frappant encore : la seule région Île-de-France représente 55% du total des redressements effectués en France.
Sans surprise, le bâtiment et les travaux publics (BTP) arrive largement en tête des secteurs contrôlés. Pas moins de 37% des contrôles dans ce domaine ont débouché sur un redressement, contre 20% dans le commerce et 13% dans l'hôtellerie-restauration. Surtout, le BTP concentre à lui seul 66% des sommes totales redressées, révélant l'ampleur du travail dissimulé dans ce secteur.
Didier Malric, directeur général de l'Urssaf Île-de-France, décrivait récemment la réalité du terrain : « Parfois, on a juste deux employés déclarés pour un chantier où il faudrait 20 personnes... Parfois, une seule personne est déclarée alors que des centaines travaillent au noir. »
Parmi les affaires emblématiques de 2025, celle d'une société de surveillance et gardiennage de Taverny (Val-d'Oise) illustre l'ampleur du phénomène : sur 498 salariés, seule une trentaine était officiellement déclarée, représentant un préjudice estimé à plus de 800 000 euros.
Dans la même veine, une entreprise de Sannois (Val-d'Oise), officiellement spécialisée dans le design mais suspectée d'activités dans le bâtiment, employait près de 900 personnes dont une grande majorité hors de toute déclaration conforme. Préjudice estimé : 1,9 million d'euros.
Pour obtenir ces résultats, l'Urssaf Île-de-France a renforcé ses capacités d'intervention en portant son équipe d'inspecteurs à 96 personnes et en menant plus de 13 000 contrôles et actions de prévention sur l'année. Au total, l'organisme francilien a collecté 154 milliards d'euros en 2025 pour assurer le financement de la protection sociale.